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LIMINAIRE 221
Le 17 novembre dernier, l'orthodoxie en France a fêté à Paris le 40e anniversaire de la fondation du Comité interépiscopal orthodoxe en France, devenu depuis 10 ans l'Assemblée des évêques orthodoxes de France (AEOF). Dans une longue lettre adressée aux évêques orthodoxes pour cette occasion, le président de la République s'est félicité du rôle loué par notre Église dans la société française Je sais ce que les orthodoxes de France ont apporté à l'orthodoxie dans son ensemble, et même à toute la théologie chrétienne contemporaine. [...] Grâce à votre détermination et à votre persévérance, l'orthodoxie fait partie, comme les autres grandes religions, de l'identité française ». La revue Contacts s'associe naturellement à cette célébration et forme des vœux pour que la greffe de l'orthodoxie s'affermisse en convergence avec la tradition chrétienne diversifiée qui a formé à travers les siècles le paysage et l'âme de la France. Les études variées qui suivent témoignent de cette rencontre de l'orthodoxie avec la culture occidentale.
Dans l'esprit de saint Nicodème l'Hagiorite, on sait que la Philocalie avait pour principal but de porter les lecteurs à la prière intérieure et de suggérer la contemplation. Le maître d'œuvre de la traduction française de cette grande anthologie, notre ami Jacques Touraille, nous livre ici, extraites de ses centuries philocaliques, quelques méditations profondes qui se trouvent associées à la contemplation de la nature, et surtout de son noyau de lumière, image et réceptacle de la Lumière du monde.
Comment laisser agir en nous le Médecin des âmes et des corps, Celui qui est venu dans notre humanité non pour les bien-portants mais pour les malades ? Dans un bel exposé intitulé « Guérison et salut », le père Philippe Dautais rappelle de façon concise et profonde que le salut et la guérison de l'âme passent par une relation personnelle nouée avec le Sauveur. Il souligne que le but de la vie en Christ est de se libérer des passions mortifères pour recevoir dans l'Esprit Saint l'unité et l'intégrité du cœur, cette « sainte synergie » ne pouvant se fonder que sur la foi-confiance en Dieu.
Il fut un temps où ('Europe, de l'Orient à l'Occident, professait sa foi chrétienne à travers sa culture et ses institutions. Dans sa communication, le père académicien Dumitru Popescu revient sur la question toujours brûlante et actuellement rebattue des racines spirituelles de l'Europe. Soulignant l'importance du christianisme pour la culture contemporaine, il invite à redécouvrir, à la lumière de la pensée biblique et patristique, la vision unitaire de la création qui tient ensemble ses deux aspects, matériel et spirituel. Loin d'être une incitation à rejeter la Révélation, la rationalité même de l'univers dont s'émerveillent les scientifiques devrait pousser l'homme à s'ouvrir à l'existence d'un Logos suprême qui contient toutes choses et leur donne sens et beauté.
Suivent deux études sur la sainteté, successivement abordée au temps de l'âge d'or des Pères et à l'époque contemporaine. Dans la première, 'Isabel de Andia nous relate avec beaucoup de fraîcheur la relation profonde qui unit saint Basile et saint Grégoire de Nazianze, non sans de lourdes épreuves qu'une hagiographie superficielle aurait tendance à négliger. L'amitié qui unissait ces deux saints pères était aussi grande que le contraste de leurs personnalités : Basile, organisateur et homme d'action, deviendra législateur de la vie monastique ; Grégoire, poète et contemplatif, répugnant à diriger, laissera de magnifiques discours théologiques et des poèmes où se confie son âme hypersensible. Dans la seconde étude, le père Michel Evdokimov, après l'essai de Christian Portier consacré au même thème (voir Contacts 129, 1er trim. 1985, p. 19-38) reprend à nouveaux frais l'étude des convergences spirituelles entre ces deux grands saints de la modernité que sont Thérèse de Lisieux et Silouane de l'Athos. Il montre de manière lumineuse que chez l'une et chez l'autre l'expérience de l'enfer a ouvert le chemin de l'humilité sur lequel nous attend Celui qui, par amour pour nous, a accepté de naître dans une grotte et d'être déposé dans une crèche.
Toute la rédaction de Contacts souhaite à ses fidèles abonnés une sainte et paisible année 2008, et demande à ceux qui ne l'auraient pas fait de se réabonner sans attendre, pour nous éviter de coûteuses lettres de rappel.
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